Peine perdue, estampe numérique avec intervention (montage, double impression, décollement de la pellicule imprimée), 21,5 cm x 9 cm. 2007.
Peine perdue, estampe numérique avec intervention (montage, double impression, décollement de la pellicule imprimée), 21,5 cm x 9 cm. 2007.

vigne en hiver (travail en cours), huile sur toile, 108 cmx 82 cm. 2007.

Sigmar Polke, Günter Brus, impression offset sur papier 29 cm x 23 cm, signée à la mine de plomb et numérotée 162/175. 1973. Collection personnelle.
Avec Sigmar Polke c’est la connotation, le pouvoir, la neutralité, le statut, le fond, la forme autant que les divers procédés de fabrication de l’image que l’on traverse toujours.
Le travail plus complexe que protéiforme de cet artiste allemand né en RDA en 1941, passé à l’Ouest en 1953, se caractérise par une traduction particulière du Pop Art en un " réalisme capitaliste " débouchant sur une imagerie plus acide et plus critique que celle proposée par Roy Lichtenstein ou Andy Warhol au début des années 60 : une sorte d’engagement qui doit finalement beaucoup à Joseph Beuys.
On y retrouve donc souvent ; publicités, articles, images de presse, de bandes dessinées et références issues d’une longue tradition à caractère historique, invités à l’intérieur d’un même espace pictural, à dialoguer dans un langage à la fois populaire – voire trivial - et savant, ironique et sérieux. En ce sens, Polke peut bien être qualifié d’éclectique. D’autant plus que dans l'élaboration même de ces œuvres se croisent pêle-mêle ; peinture, gravure, photographie, sérigraphie, pochoirs et autres interventions manuelles directes régulièrement guidées par la curiosité de l’expérimentation.
De tels télescopages et superpositions sont soutenus par une réelle réflexion … mais aussi, une réelle gratuité toute dadaïste. Sigmar Polke compte donc parmi les artistes contemporains les plus déroutants.
Ce " Günter Brus " de 1973 ne rend pas compte à lui seul de la richesse de Polke. Avec cet offset, on accède à cette part de recherche, de manipulation de la photographie dans sa phase de développement (ici exposition à la lumière inactinique), dans sa chimie même qui conduit à une perte progressive, une disparition du sujet. Dans ce qui n’est autre qu’un portrait d’artistes, la forme humaine s’efface au profit d’un effet de solarisation directement emprunté à l’underground. L’identité de Gûnter Brus se dissout ainsi dans une réflexion possible sur l’image mécaniquement reproductible. Avec elle, c’est l’unicité de l’acte artistique qui trouve à se multiplier jusqu’à sa perte consciente… à peine rattrapée par une signature autographe à la mine de plomb.
Puisque je manque de temps, c’est l’occasion de procéder autrement.
Voici donc un dessin ancien sans date ni signature. Vos commentaires permettront certainement d’en dire davantage… enfin, si vous voulez bien.
Dessin ancien, pierre noire sur papier vergé, 11,5 cm x 9,4 cm.
Complément 08/02
Adélaïde Labille-Guiard, Portrait du sculpteur Augustin Pajou, pastel, 71cm x 58 cm. 1782, musée du Louvre.
Ouvrir la rétrospective d'un artiste par son portrait n’est pas rare. C’est même une manière courante de faire connaissance ; une forme de présentation. Ouvrir la même rétrospective par un autoportrait doublerait ces présentations trop formelles d’une entrée en matière bien plus subtile et signifiante.
C’est à cette thématique que sensibilise d’emblée la très belle exposition Jacques Stella qui se tient actuellement au musée de Beaux-Arts de Lyon (jusqu’au 19 février 2007).
Vous trouverez sans peine, les quelques éléments biographiques qui vous permettront de situer ce peintre français du XVIIè siècle parmi les incontournables Nicolas Poussin, Simon Vouet, Sébastien Bourdon, Laurent de la Hyre, Eustache Le Sueur, Jacques Blanchard et j’en passe, la liste serait trop longue. Jacques Stella donc…

Portrait de Jacques Stella (Autoportrait ), hst , 84 x 67 cm, Lyon musée des Beaux-Arts.
C’est ce visage un peu dur qui accueil le visiteur de l’exposition lyonnaise. Qu’il s’agisse de l’image de Jacques Stella (1596 – 1657) ne fait aucun doute : elle est clairement identifiée par la nièce de l’artiste, Claudine Bouzonnet Stella qui fit la gravure du tableau même en précisant dans la lettre : Jacques Stella, Premier Peintre du Roy Chevalier de l’ordre de St Michel. La datation quant à elle, tourne autour de 1640 et s’accorde assez avec l’âge apparent du modèle entre quarante et cinquante ans. On peut donc passer au tableau suivant ; les présentations sont faites. Sauf qu’une observation plus attentive de cette peinture ne peut manquer de surprendre qui connaît un peu la manière de Stella. Dans un premier temps, on trouvera extraordinaire qu’un artiste puisse ainsi moduler son écriture au point de la rendre si directe et sentie quand elle nous semblait ailleurs si méditée et appliquée. Il est vrai qu’un portrait d’artiste - a fortiori un autoportrait - peut aussi offrir l’occasion de manifester quelques libertés. Puis, apparaît l’éventualité d’une attribution erronée. L’auteur ne serait pas celui avancé. L'autoportrait n'en serait donc pas un. Le doute remonte en fait à 1856 et depuis, plusieurs spécialistes ont proposé d’y reconnaître tour à tour la main de Vouet, de Bourdon et même de Hals, entre autres, pour s’accorder finalement sur Stella. Le catalogue de l’exposition nous informe toutefois que Jean-Pierre Cuzin prépare une nouvelle proposition (à paraître) en avançant le nom de Charles Le Brun. Même s’il faut attendre la parution de l’article et même si cette proposition semble déjà rencontrer quelques réticences, je la trouve plutôt convaincante lorsque je compare le Portrait de Stella qui nous occupe à celui de Louis Testelin peint par Le Brun et qui lui est sensiblement contemporain. Louis Testelin, par Charles Le Brun, hst, 64 x 52 cm , vers 1650, Paris musée du Louvre.
Même simplicité efficace de la mise en page, même détachement du modèle sur un fond neutre, beaucoup de similitudes dans le traitement des carnations, des cheveux, du col blanc et du manteau… Ces deux œuvres semblent en effet témoigner de sensibilités suffisamment proches pour émaner d’un seul et même auteur. Alors, si vous vous rendez au musée des Beaux-Arts de Lyon, en faisant connaissance avec le Portrait de Stella, dites-vous qu'il se peut que la main qui vous est tendue en guise de salut… ne soit tout simplement pas la bonne. 

LES ARTS EXOTIQUES (Interventions minimales 8), estampe numérique sur une page de L’ARCHITECTURE, Encyclopédie par l’image, Librairie Hachette, 1935. 16 cm x 16 cm. 2006.

Vigne en hiver, ébauche à l’acrylique sur toile, 108 x 82 cm. 2006.

Paysage incertain (interventions minimales 7), acrylique sur tirage papier d’une photographie numérique, vernis, 13 cm x 11 cm. 2006.

Hans Schachinger, Portrait de jeune femme de profil, huile sur carton signée en bas à gauche, 39 cm x 34 cm. Vers 1930. Collection personnelle.
Avec le portrait, il arrive que l’on confonde peinture et figure … à tort ou à raison.
Il faut avouer que dans le cas présent il y a de quoi, tant la beauté de cette jeune femme est entêtante. On cherchera dans la commissure des lèvres, le dessin du nez ou la longueur des cils de quoi est faite cette beauté là… à raison certainement, car il n’y a ici aucun autre sujet. Tout tient semble-t-il, dans la forme et l’arrangement de ces quelques parties auxquelles aucun bijou, aucune parure – même pas celle d’un quelconque rang social - ne trouve à s’accrocher. La couleur elle-même y reste discrète.
Mais suivre trop longtemps les traits qui font la beauté d’une telle figure c’est risquer d’oublier la peinture ! ces coups de brosses qui arrangent la coiffure, esquissent le sourcil, effrangent le col de fourrure… cette lumière écrasée en une pâte épaisse sur la pommette et la tempe. Bien peu de chose en vérité mais assez pour animer l’ensemble, pour imprimer à l’image un " je ne sais quoi " de fugace, de vivant . Résultat : un modèle qui pense bien plus qu’il ne pose. Quant à l’objet de ses pensées… à moins qu’il n’existe un pendant à ce tableau pour me faire mentir, Hans Schachinger n’en dit rien. Sauf la rougeur des joues peut-être ?
On sait peu de choses de cet artiste Autrichien actif durant la première moitié du siècle dernier. Passé par l’Académie des Arts de Vienne, il s’est formé auprès de l’austère Christian Griepenkerl et du sensible Otto Henry Bacher. C’est du second - fortement influencé par l’impressionnisme - que Schachinger se montre ici le plus proche.
Proche du pouvoir Nazi, il le fut aussi, assez en tous cas, pour réaliser le portrait d’Adolphe Hitler en 1942. Mais comme avec le portrait, il arrive que l’on confonde peinture et figure… à tort ou à raison, je lui préfère largement celui de cette jeune femme. Allez savoir pourquoi.

Arbre, huile sur toile, 51 x 33 cm. 2006.