
Interventions minimales 6, double impression photographique sur papier, solution d’hypochlorite de sodium, 23cm x 18 cm. 2006.
ajouter un commentaire commentaires (10) créer un trackback recommander

Interventions minimales 6, double impression photographique sur papier, solution d’hypochlorite de sodium, 23cm x 18 cm. 2006.

Interventions minimales 5, estampe sur tirage papier d’une photographie numérique, encre typographique, 19 x 13 cm. 2006.

Masure au bord d’un chemin, huile sur toile signée Willems (?), 35 cm x 46 cm. Ecole belge vers 1920 – 1930. Collection personnelle.
L’école belge du début du XX è siècle regorge de talents plus ou moins anonymes qui ont trouvé à s’épanouir dans l’exercice du paysage en particulier. Leur redécouverte est progressive : ils ne sont pas essentiels. Mais certains de leurs traits communs me plaisent bien : thèmes rugueux, images très charpentées, sens de la matière et lumière subtile. On y retrouve nécessairement ces ambiances extérieures des Flandres faites d’une douce rusticité.
" Willems " semble être ici l’auteur que la signature - peu lisible - désigne. C’est un nom courant ; trop d’ailleurs pour se lancer dès maintenant dans des recherches éperdues sur ce point précis.
On se contentera de relever une facture usant vigoureusement du couteau et des brosses pour étendre, talocher et griffer une matière très collante. En lumière rasante, la surface du tableau alterne ainsi clairement zones lisses et zones triturées.
Le coloris passe assez mal à la reproduction mais le vieux rose du sentier boueux joue bien avec quelques verts menthe, et le violacé des arbres du fond, le gris bleu du mur de façade trouve ici ou là quelques réponses orangées qui ravivent une palette largement rompue… L’ensemble est à voir de loin.
Nous considérons là un type de peinture certes décalé par rapport aux divers mouvements d’avant-garde, mais dont l’intérêt n’est pas pour autant à négliger. Le spectre de chaque époque le l’histoire de l’art est souvent trop large pour l’appréhender dans son ensemble. Bâtir l’index des épisodes qui la fondent a un côté pratique et confortable. Parcourez-en les annexes et vous vous surprendrez à musarder.

Interventions minimales 4, estampe sur tirage papier d’une photographie numérique, couleur transparente pour verre, encre typographique, diamètre 14 cm. 2006.

Interventions minimales 3, estampe sur tirage papier d’une photographie numérique, couleur transparente pour verre, 14 x 14,7 cm. 2006.

Académie d’homme de dos penché en avant, pierre noire et craie blanche sur papier bruni, 56 cm x 45 cm. Ecole française de la seconde moitié du XVIIIè siècle. Collection personnelle.
Difficile de déterminer avec certitude le statut de cette académie.
On sait qu’au cœur de l’enseignement dispensé par l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture aux XVIIè et XVIIIè siècles, l’étude du corps humain nu occupait une place de choix. De nombreuses écoles des Beaux Arts en ont d’ailleurs longtemps perpétué le souvenir plus ou moins édulcoré.
Mais l’approche de la chose était à l’origine plus méthodique. Avant de passer à l’étude d’après la bosse ou l’antique ( d’après la sculpture en somme), l’élève admis à l’Académie en classe élémentaire s’exerçait d’abord à copier des dessins de maîtres anciens ou contemporains ou encore quelque reproduction gravée de ces dessins. Des études graphiques originales de Carle Van Loo, Fragonard, Lagrenée…ainsi que des gravures de Demarteau, Le Bas, Petit, servaient ainsi régulièrement de modèles.
La belle qualité de notre spécimen ( bien qu’usé et un peu taché), ne m’invite pas à le considérer comme un travail de début d’apprentissage. Les proportions sont parfaitement maîtrisées, tout comme l’anatomie générale, la lumière et le trait.
Faut-il pour autant y voir un modèle original et en déduire que s’y cache la main d’un artiste prestigieux parmi ceux cités plus haut ? C’est une hypothèse (qui m’arrangerait !) mais il faudrait l’étayer par des comparaisons nourries. Le gourdin ( ?) sur lequel s’appuie le modèle suffirait-il seulement à imaginer une étude préparatoire de l'un d'eux pour un possible Hercule - en dernière analyse, bien frêle et passablement fatigué - ?
En revanche, si l’on revient au parcours de notre apprenti académicien, il est possible que ce dessin revête encore un autre statut : celui d’académie d’après nature. Dans ce cas, c’est plus en fin qu’en début de formation qu’il conviendrait de le situer car seul l’élève terminant son apprentissage du dessin pouvait prétendre à l’étude du modèle vivant.
Y constater aisance et maîtrise n’aurait alors plus rien d’étonnant : nous aurions tout simplement affaire à l’œuvre d’un bon élève. Et on peut s’en contenter…

Interventions minimales 2, photographie numérique retouchée, tirage papier, estampe, 15 x 15 cm. 2005.

Interventions minimales 1, photographie numérique retouchée, tirée sur papier marouflé sur carton, acrylique, vernis, feutre fluo. 15 x 15 cm. 2005.

Inclination, huile sur toile marouflée sur panneau, acrylique, mine de plomb, vernis, 100 x 100 cm. 2006.

Détail.
Restons encore un peu avec Jacques Blanchard…
… et permettons qu’un visage s’accroche à ce nom. Voici donc notre homme.

Gérard Edelinck, Jacques Blanchard peintre ordinaire du Roy, d’après un Autoportrait de Jacques Blanchard, gravure 25,5 cm x 19 cm, 1700. Collection personnelle.
Dire de cette gravure qu’elle fut exécutée en 1700 par Gérard Edelinck pour figurer au frontispice de la notice concernant Blanchard dans le tome II des Hommes illustres de Charles Perrault, c’est déjà dire l’estime dans laquelle on tenait encore notre peintre – surnommé le Titien français - 62 ans après sa mort. Et ce en dépit d’une carrière bien courte : 10 ans à peine.
Préciser que cette gravure fut exécutée à partir d’un autoportrait, c’est autant rappeler l’existence du tableau qu’elle interprète - tableau perdu d’ailleurs ( mais l’est-il vraiment ?) – que cet objet toujours singulier à travers lequel l’artiste se donne à voir en même temps qu’il se regarde. Qu’en voit-on donc ?
Il faut passer outre ce qui n’est que mise en page pour le projet de Perrault (l’occulus, le médaillon, la tablette, l’inscription) et s’attacher au reste qui doit correspondre assez exactement - sur ce point on peut faire confiance à Edelinck ! – à l’image véhiculée par le tableau.
Cette image est celle d’un jeune homme de 30-32 ans à la grâce négligée dont le statut de peintre semble secondaire puisqu’aucun attribut ne vient ostensiblement l’affirmer. Sa mise est conforme à cette mode si équilibrée qui traverse les œuvres de Callot et d’Abraham Bosse en même temps qu’elle enveloppe les élégants du règne de Louis XIII ; chemise blanche sous un pourpoint entrouvert au ventre et tailladé de larges chiquenades ; col rabattu orné de glands et bordé de dentelles, replié sur les épaules comme un avatar fané des fraises du siècle précédent ; cheveux naturels, longs, se terminant en une sorte de cadenette ; moustache étirée et barbiche pointue à la royale.
Une belle lumière tombe droite sur l’avant du buste tourné de ¾ et donne l’impression que l’artiste sort discrètement de la pénombre. Le fond est neutre. La tête se penche un peu. Le regard doux se dérobe avec mélancolie et suggère une activité intérieure dense à moins qu’il ne s’agisse de nonchalance. Il y a comme quelque chose d’un instant suspendu.
Chacun interprétera cet ensemble de signes comme bon lui semble. Personnellement, j’y vois beaucoup de ce qui fait la subtilité et la sensibilité de l’art de Jacques Blanchard.