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Samedi 30 septembre 2006

Je mourrai un jour, d’être trop patient.

 

     En mai 2003, je visitais le Musée de la Marine de Loire à Châteauneuf-sur-Loire ; un musée qui comme son nom l’indique consacre l’essentiel de sa présentation à … la marine de Loire. Pas de raison particulière, d’y croiser un objet remarquable. Je m’y rendais par simple curiosité et divertissement dominical. Nous avions des invités…

En fin de parcours pourtant, je croisais de loin cette somptueuse sainte Catherine d ‘Alexandrie.

 

 

 Sainte Catherine d’Alexandrie, hst, Musée de Châteauneuf sur Loire.

 

 

L’image m’était connue. Je la re-connaissais donc mais avec confusion. Un coup d’œil au cartel placé sous le cadre me permettait de comprendre qu’il s’agissait d’une œuvre anonyme appartenant à l’école française du XVIIème siècle. Anonyme ? impossible ! et tout en scrutant la toile, en usant du recul pour retrouver le premier regard qui m’avait fait voir cette image si " familière ", c’est le nom de Blanchard qui s’imposait.

J’avais, j’en étais certain, un Jacques Blanchard sous les yeux. Le traitement nacré des carnations, le vaporeux des cheveux, la belle lumière tiède, cette posture en léger déséquilibre prise dans un jeu savant de courbes et de contre-coubes qu’une oreille dégagée semblait concentrer en petit dans ses plis compliqués... Le type féminin au visage rempli, tendu vers l’avant et doucement basculé sur le côté... Connaissant La Vierge avec saint Jean-Baptiste et sainte Elisabeth de L’Art Institut de Chicago, le tableau de Musée de la Marine de Loire ne pouvait manquer de résonner en moi.

 

Jacques Blanchard, Vierge à l’Enfant avec st Jean-Baptiste et sainte Elisabeth, (détail) hst, 94 x 122 cm, Chicago, The Art Institut.

 

 

 

      

 Et ce d’autant plus que j’avais déjà croisé dans le catalogue Jacques Blanchard 1600- 1638 de J.Thuillier (1998), page 143, cette gravure de C. David qui montre la version gravée semblant manifestement se rapporter au tableau qui nous occupe.

 

 Charles David, Sainte Catherine d’Alexandrie d’après J. Blanchard. Gravure, 24 x 17 cm. Vers 1630.

 

 Après vérification, j’ai pu constater que pour J. Thuillier, ce tableau était alors considéré comme " perdu ".

L’avais-je retrouvé ?

 

Lors d'un rendez-vous avec Mme Dupraz, conservatrice du Musée, en mai 2003, j’ai su que la toile venait d’être restaurée, qu’elle avait été vue à cette occasion par un spécialiste qui la rattachait sans grande conviction, à l’entourage de Claude Vignon. Aucun recoupement officiel avec Blanchard donc. Tous les espoirs restaient permis.

Je décidais alors de ne pas informer Mme Dupraz de ma découverte probable, ne serait-ce que pour éviter d’ajouter à la confusion ; mon avis même le plus buté, n’ayant aucune valeur scientifique.

Je me tournais plutôt vers M Dominique Brême un de mes anciens professeurs à l’Université de Lille III,  qui s’est rapidement et fort aimablement déplacé pour voir le tableau à Châteauneuf-sur-Loire. Selon lui aussi, il s’agissait bien d’un Blanchard.

Restait à publier " l’affaire " par le biais d’un article auquel il apporterait la caution scientifique nécessaire. Il lui fallait regrouper d’autres nouveautés sur notre peintre, trouver le meilleur espace pour cette publication et surtout, il lui fallait trouver du temps à y consacrer. Je suis d’un naturel patient. J’ai donc patienté trois années, prenant ou recevant quelques nouvelles de temps à autre. Puis, plus aucune.

 

J’ai appris, il y a quelques jours que par un article passé dans la Revue du Louvre d’avril 2006, Moana Weil-Curiel proposait de rendre la sainte Catherine du Musée de la Marine de Loire à … Jacques Blanchard. Je ne sais rien de cette personne dont il faut saluer la perspicacité.

 

Content finalement que l’injuste anonymat qui recouvrait une œuvre aussi remarquable soit officiellement levé. Content mais aussi un peu amère, même si je sais qu’à travers ce sentiment d’amertume c’est essentiellement la vanité qui parle.

 

 

par van-acker publié dans : ATTRIBUTION
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Dimanche 24 septembre 2006

Etude d’une perdrix grise, huile sur toile, 27 cm x 20 cm, 2006.

par van-acker publié dans : OEUVRE
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Lundi 18 septembre 2006

Du Portrait de Jacques Offenbach au Metopoceros cornu de Saint-Domingue.

 

     Pour faire suite à l'article COLLECTION : " le Cygne " un dessin présumé d'Alexandre Laemlein et pour tenter de conclure efficacement sur le sujet, j'ai inversé le document montrant le Portrait d'Offenbach. Rappelez-vous, c'était une simple question de "bon sens".

Image inversée du Portrait de Jacques Offenbach par A. Laemlein.

 

Ce petit artifice nous permet de mieux comparer le graphisme de cette lithographie avec celui des deux dessins ci-dessous achetés dans un lot qui comprenait le fameux Cygne aux faux airs de Phénix.

 

Trois vues d'un Goéland, 20 cm x 18 cm et Le Metopoceros cornu de Saint-Dominque, 8cm x 25,5 cm, mine de plomb sur papier. Collection personelle.

 

Bien que nous ne disposions pas d'une bonne reproduction du Portrait d'Offenbach, il me semble toutefois possible de relever quelques points utiles en s'attachant aux parties les plus lâches de cette représentation - revers de la veste, manche, zone basse du fond - là où les hachures s'émancipent.

On retiendra les caractéristiques d'un dessin " cassé" traitant la volumétrie du modèle en facettes, par surfaces délimitées puis ombrées de traits parallèles, un dessin qui cherche ses contours par à-coups. Une autre caractéristique se manifeste dans la présence de petits traits allant par groupes de deux ou trois comme des griffures marquant quelque modulation du relief.

En s'approchant de nos deux dessins, on constatera sans trop de peine l'existence de caractéristiques bien similaires.

 

Détails des deux dessins précédents.

 

Même si leur qualité plastique est moindre que celle exprimée dans " Le Cygne ", même s'ils ont une dimension bien plus anecdotique, ces deux dessins n'en demeurent pas moins essentiels ici pour permettre de remonter le fil jusqu'à leur auteur présumé. Il faut donc au moins leur reconnaître cette place.

C'est pourquoi, je crois, en dernière analyse, que nos trois feuilles reviennent bien à Alexandre Laemlein. Permettez-moi de ne plus en douter... ou si peu.

par van-acker publié dans : COLLECTION
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Dimanche 10 septembre 2006

Regard intérieur n°3, vernis, acryliques, encres, mine de plomb sur papier marouflé sur bois, 85 cm x 75cm, 2006

 

Détail.

par van-acker publié dans : OEUVRE
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Mardi 5 septembre 2006

Le Cygne, Alexandre LAEMLEIN ( ?), 1813-1871, sanguine et pierre noire sur papier, 24 cm x 13,5 cm, vers 1850. Collection personnelle.

 

De prime abord, l’identification du " sujet " de ce dessin n’est pas immédiate. L’objet de la représentation y est aussi partiel que les moyens graphiques employés y sont exacerbés : démultiplication, accumulation, superposition de traits variés, repentirs manifestes, zones abouties et parties délaissées… ce qui permet sans doute à l’œil de mieux s’attacher  à l’aspect fondu de la sanguine, à son parcours nerveux, à son rouge argileux rehaussé par quelques incisions de pierre noire.

De cet ensemble à la fois hésitant et déterminé, finit toutefois par émerger une figure : celle d’un cygne. La verticalité du format, la vibration des traits, l’amorce d’un développement d’aile donne au balancement entre fini et non-fini des allures de mutation jusqu’à insuffler à cet oiseau quelque chose du Phénix. Personnellement, j’aime beaucoup.

Lorsque j’ai acquis ce dessin (avec deux autres de la même main), son ancien propriétaire le disait d’Alexandre Laemlein ; peintre d’histoire et portraitiste, graveur et lithographe né en Bavière en 1813, mort dans le Loir-et-Cher en 1871, formé auprès de Regnault et de Picot. Le BENEZIT, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, précise encore quelques données biographiques utiles à celui qui voudrait en savoir un peu plus. Pour ma part, la qualité du dessin me semblait suffisante pour être d’une bonne main.

Mes recherches m’ont conduit à croiser depuis quelques peintures de Laemlein : les portraits d’hommes célèbres du Musée du château de Versailles en particuliers. Quatre œuvres d’inspiration néo-gothique pas très enthousiasmantes, je dois l’avouer.

Du côté de son œuvre graphique, je n’ai trouvé pour l’instant que la reproduction de ce portrait de " Jacques Offenbach " signé et daté 1850, conservé à la BNF.

Portrait de Jacques Offenbach, Alexandre Laemlein, 1850, lithographie, BNF.

 

Croyant d’abord à un dessin, j’ai douté. Si en effet, on pouvait y retrouver un sens de la hachure comparable à celui qui traduit le plumage de notre cygne, il y avait une différence de taille : ces hachures orientées de haut en bas vers la droite étaient manifestement l’oeuvre d’un gaucher alors que celles de notre dessin orientées de haut en bas vers la gauche revenaient immanquablement à un droitier ! Le doute était d’autant plus justifié que la tenue du violoncelle par Offenbach (main gauche sur le manche, archet dans la main droite) quant à elle, était correcte, tout comme la signature de Laemlein ainsi que la date, lisibles à l’endroit. L’image n’était donc pas inversée. Et pourtant …

En cherchant encore, j’ai appris que ce document était en fait la reproduction d’une lithographie imprimée chez Lemercier à Paris en 1850. Hors, qui dit lithographie dit inversion droite/gauche. En lithographe averti, Laemlein avait sans doute compensé sur sa matrice même la tenue de l’instrument en faisant poser Offenbach l’archet à la main gauche et la main droite sur le manche du violoncelle. A l’impression de remettre les choses dans le bon sens. Les choses… mais pas les hachures.

L’attribution avancée par l’ancien détenteur de notre dessin - attribution motivée par le fait que cette feuille se trouvait parmi d’autres dans un carton au nom de Laemlein (ce qui fait un peu juste) – n’a donc finalement pas à être mise en doute.

D’autres comparaisons permettront même peut-être de la confirmer.

par van-acker publié dans : COLLECTION
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Samedi 26 août 2006

Femme au plat, mine de plomb sur papier, 90 x 65 cm. 2006.

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Mercredi 28 juin 2006

Richard Texier, lithographie sur peau de chamois ( 10,5 cm x 8 cm) contrecollée sur carton (22 cm x 16,5 cm), numérotée 20/22 et signée au crayon, vers 2000. Collection personnelle.

 

     Des signes, des êtres graphiques flottent ou traversent des portions de surfaces tactiles souvent longuement travaillées. Circonscrite ou tranchée par les bords de l’œuvre, l’écriture de Texier se développe en formes combinées, en symboles connus ou inconnus, en graffitis incertains que l’on rattache tant à la cartographie marine ancienne qu’aux peintures rupestres. Dans cette formule d’élégance rustique, Texier serait un peu à comprendre comme un héritier de Tàpies et de Miro. C’est sans doute réducteur, mais si vous souhaitez en savoir plus sur ses travaux récents, je vous conseille la visite de son site : http://www.richardtexier.com/

     Sans compter parmi les lithographies de Texier les plus complexes - techniquement parlant -, celle-ci, en recourant à la peau de chamois comme support, permet de ne pas rompre un lien à la matière et au matériau que ce type de reproduction mécanique a trop tendance a relativiser, voire à nier.

Or notre artiste, sans matière, perd beaucoup de son sens et par conséquent, de son intérêt.

Quitte donc à collectionner aussi des estampes contemporaines (il y aurait beaucoup à dire sur la question), autant essayer de le faire autour de certaines exigences… ça peut aider.

 

par van-acker publié dans : COLLECTION
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Lundi 19 juin 2006

 

Buste d’homme, plâtre patiné bronze signé Duret sur le piédouche, 55 cm x 25 cm x 23 cm, vers 1835.Collection personnelle.

 

       Il faut se méfier avec les plâtres. Tout plâtre supposant traditionnellement un moule, on a trop souvent tendance à associer le plâtre à la copie, à la reproduction, à l'édition d’épreuves multiples dans un matériau certes pratique mais qui manque de noblesse.

Or, l’usage de ce matériau au cours de l’élaboration d’une œuvre n’était pas rare. On trouve de nombreux exemples de modèles moulés retravaillés ensuite par le sculpteur à la cire ou au plâtre à modeler (Rude, Barye…). Il s’agissait alors pour l’artiste de donner rapidement quelques détails, de modifier légèrement quelques volumes, de préciser quelques traits. Aussi, les traces de doigts, de gouges, de gradines sont-elles fréquentes sur ce type de pièces généralement d’une finition peu soignée.

Suivant qu’il répondait ou non aux attentes, ce nouveau modèle devenait ensuite celui dont on tirait un nouveau moule ou celui que l’on traduisait dans le marbre. Autant dire que son statut était alors celui de modèle unique.

Je peux me tromper, mais il me semble que ce Buste d’homme appartient à cette catégorie.

Quant à la signature apposée sur le flanc du piédouche, il se peut que ce soit celle de Francisque-Joseph Duret (1804-1865), sculpteur parisien, élève de Bosio et maître du brillant Jean Baptiste Carpeaux. 

Chacun connaît de lui le groupe en bronze de la Fontaine Saint Michel dans le Quartier Latin à Paris vers 1860. D’autres œuvres conservées dans les Musées de Cambrai, du Louvre, de Troyes, devraient me permettre à l’occasion, de vérifier cette signature.

Reste que l’identité du personnage représenté m’échappe totalement. Son traitement à l’antique nous prive des indices du costume. Sa coiffure, courte et peignée vers l’avant au sommet du front, évoque toutefois la mode sous Charles X.

Une fois de plus, il faut encore travailler pour cerner notre affaire mais c’est là tout l’intérêt.

par van-acker publié dans : COLLECTION
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Lundi 12 juin 2006

Chardonneret , technique mixte, mine de plomb, craie grasse, acrylique, encres, vernis sur papier collé sur bois. 21 cm x 20 cm. 2006.

 

 

Chardonneret, détail

par van-acker publié dans : OEUVRE
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Samedi 27 mai 2006

Pourquoi taire les échecs ? Sauf à vouloir laisser supposer que tout va toujours pour le mieux au regard des intentions ; il n’y a pas de raison.

 

Le dessin présenté dans l’article précédent Etude d'une jeune femme assise, était donc destiné à un  Regard intérieur 2 . Mais en cours de mise en œuvre, certains éléments n’ont pas été maîtrisés et le dessin est maintenant perdu ; en ce sens que plus rien ne peut plus être fait pour que cette réalisation corresponde à l’intention projetée.

Cette intention est pourtant assez précise pour être formulée dans une esquisse numérique. Laquelle me permet de valider mon image en tant qu’organisation choisie de formes, de couleurs, de valeurs, de lignes, de masses, etc. aboutissant à une composition. Je pourrais m’en contenter mais il lui manque une dimension matérielle. C’est sa matérialisation qui doit permettre de parler de transparence, de recouvrement, d’empâtement de craie grasse ou de peinture ou tout simplement de taille plus ou moins imposante. La présence physique des constituants de cette image lui sont indispensables pour espérer faire sens.

 

Esquisse numérique du " Regard intérieur 2 ". 2006.

Alors, sans exiger du travail final qu’il corresponde exactement à l’esquisse, certaines qualités ne peuvent être abandonnées en cours de route. La netteté et l’illusionnisme du dessin sont ici indispensables et c’est justement ce qui a été perdu dès les premières manipulations.

 

Etat " Regard intérieur 2 " en cours de réalisation. Technique mixte : papier, mine de plomb, acrylique, vernis et encre sur plaque de bois. 100 cm de diamètre. 2006.

Il ne reste plus qu’à constater, analyser, vérifier pour tirer un enseignement de cet échec… et agir en conséquence en espérant que ça n’est pas du principe même que tout dépend.

par van-acker publié dans : OEUVRE
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