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Dimanche 5 mars 2006

    Puisque j’ai autant tendance à défaire qu’à faire, ce blog peut décidément m’être utile. En me forçant à conserver la trace de mes intentions et revirements dans un souci de présentation qui se veut cohérente, il me permet de cheminer en  balisant consciemment le terrain.

   J’avais récemment dit mon insatisfaction concernant ma grande peinture abstraite " Sans titre " (voir article : ŒUVRE : Sans Titre).

   Aussi curieux que cela puisse paraître, mon intention première en m’engageant dans ce travail, tournait autour de Nicolas de Largillierre et Hyacinthe Rigaud : deux portraitistes français des XVIIè XVIIIè siècles, qui cultivèrent l’intéressant paradoxe de s’éloigner de la figure en pratiquant le genre du portrait. Nous aurons l’occasion d’en reparler plus en détail à un autre moment, mais disons que leurs manières de composer de grandes surfaces colorées jusqu’à noyer le modèle dans ces jeux d’ajustements et d’accessoires, me semblent profondément modernes... à condition d’y voir plus que de l’emphase. Dans certains cas, lorsque seule une main ou une tête émerge d’un assemblage de flaques de matières colorées, nos deux peintres s’approchent étonnamment de l’abstraction.

Nicolas de Largillierre, La baronne de Besenval, vers 1720, hst. 138 cm x 104 cm, Etats Unis, collection particulière.

 

   Le terme hollandais de " monstering " pouvait alors désigner ce type de constructions par accumulations, ajouts d’étoffes sur étoffes, ornements et rehauts (comme l'indique le Het Groot Schilderboek de Gérard de Lairesse, 1705).

   Ma première proposition (Sans titre) ne traduisait pas assez une telle manière de construire dans l’espace ET dans l’épaisseur. En la découpant entièrement, j’ai pu retrouver des nappes de couleurs, des peaux mobiles, superposables et ajustables.

   Après avoir réorganisé le tout, corrigé quelques couleurs et fait pivoter mon format, j’arrive à l’esquisse d’une seconde proposition qui me convient davantage.

Je parle d’esquisse car il n’est pas impossible qu’il faille affiner encore…

Sans titre 2, huile sur toile, 100 cm x 100 cm. 2006.

par van-acker publié dans : OEUVRE
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Samedi 18 février 2006

Sans titre, huile sur toile, 120 x 100 cm. 2006.

par van-acker publié dans : OEUVRE
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Mercredi 8 février 2006

Portrait de prélat, Gazette de l’Hotel Drouot, hst, Ecole Française, XVIIIè siècle.

Des liens entre une collection et une attribution ou : de ces choses auxquelles le hasard n’est pas étranger.

 

    Le 21 octobre 2005, La Gazette de l’Hôtel Drouot n° 36 publiait en page 161, l’image médiocre d’un tableau avec la légende suivante : " Ecole Française du XVIIIème siècle : huile sur toile encadrée, Portrait de prélat. Dim : 138 x 105 cm cadre bois sculpté "… Pour un peu, on serait mieux informé du cadre que de ce qu’il contient.

    L’œuvre est donc doublement anonyme : pas plus de nom pour l’auteur que pour le modèle.

    La composition triangulaire très marquée campe lourdement le personnage en même temps que son rang. C’est là la fonction du portrait.

    La qualité de la reproduction n’autorise aucun jugement sur la peinture elle-même et les traits peu gracieux du prélat n’invitent pas à voir le tout comme un beau tableau. C’est une autre particularité du portrait : on y confond souvent peinture et figure. Difficile d’aller plus loin donc. Sauf que….

 

Portrait de Joseph-Clément de Bavière, gravure d’ Audran d’après une peinture de Joseph Vivien, 59 x 41 cm. Vers 1715.

 

… par hasard, il se trouve que j’ai dans ma collection cette gravure. C’est une gravure d’ Audran reproduisant le portrait de Joseph-Clément de Bavière, archevêque de Cologne, peint par Joseph Vivien. Je n’ai aucun mérite ; c’est marqué dessus !

 

    Le lien avec l’oeuvre de la Gazette est évident. On y retrouve tous les éléments de la composition avec bien peu de variantes. A part le petit détail de la bague qui dans le tableau est portée à l’annulaire de la main posée sur l’accoudoir du fauteuil alors que sur la gravure, elle se retrouve sur l’autre main ; celle qui relève le manteau d’hermine dans un geste délicat. On pourrait penser que certains s’amusent avec bien peu en déplaçant ainsi des choses aussi discrètes. Mais c’est sans doute parce qu’un tel bijou est d’abord un attribut qui ne se porte qu’à la main droite. La technique de la gravure supposant souvent l’inversion, le graveur Audran aura remis l’objet à la bonne place : tout bonnement celle qui convient.

   En conclusion, je ne peux vérifier si cette peinture passée en vente à Nice, est bien de Joseph Vivien. Il peut s’agir d’une copie d’époque ou d’une œuvre d’atelier. Sans compter que cet artiste étant surtout connu par ses pastels, les caractéristiques de son écriture dans la peinture à l’huile sont encore à définir. Mais je me permets d’en faire ici l’hypothèse…avec l’aide du hasard.

 

par van-acker publié dans : ATTRIBUTION
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Jeudi 2 février 2006

Paul Alex DESCHMACKER (1889 – 1973), Etude d’une tête de jeune Fille, huile sur toile, 33 x 24 cm. Vers 1930.

 

Détail de l’Etude d’une tête de jeune Fille. P A Deschmacker

 

     Paul Alex Deschmacker ne semble pas avoir été un peintre parmi les plus importants. A part la rétrospective que lui consacre le Musée de Roubaix (sa ville natale) en 1986, Il n’a suscité que peu d’intérêt et sans doute à juste titre.

    Ses quelques œuvres d’inspiration Art Déco qu’il m’a été donné de voir, n’ont pas été à l’origine d’un grand enthousiasme. On y retrouve souvent comme dans cette petite Etude de tête, un modèle féminin plutôt fort, non dépourvu d’une certaine beauté renfermée mais qui, à l’occasion d’une œuvre aboutie perd rapidement de son charme. On l’aura compris, mon intention n’est pas de présenter Paul Alex Deschmacker comme un artiste dont on aurait tord de se passer.

    Toutefois, cette petite Etude de Tête assez largement brossée, empâtée par endroits, est bien l’œuvre d’un peintre. On y sent une matière vivante, une main et un regard actifs ( dont la part d’effort n’est pas à négliger puisque notre homme y voyait très mal) à saisir sans doute ce qui dans ce portrait d’après nature serait susceptible de nourrir une intention plus vaste : quelque chose d’un type féminin. L’attention se concentre donc sur le visage, n’accordant aux épaules, au cou, à la chevelure et au fond qu’un traitement désinvolte. Et c’est cette désinvolture qui sauve l’affaire, qui donne à l’ensemble sa fraîcheur.

   Notre tableau mériterait un nettoyage. Une tache noire dans le blanc de l’œil gauche perturbe l’intensité du regard. Le modelé du visage par les ombres et la lumière, gagnerait sans doute en subtilité si un léger voile de vernis ancien pouvait être levé. Mais en s’approchant, l’observation de quelques détails permet toujours une entrée en matière … par la petite porte, certes… mais une entrée tout de même.

par van-acker publié dans : COLLECTION
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Mercredi 25 janvier 2006

Etude de jeune femme au miroir, mine de plomb et encre sur papier, 60 x 32 cm. 2004.

par van-acker publié dans : OEUVRE
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Lundi 23 janvier 2006

Plan de la maison sous cloche N°3. Image numérique. 2006.

     Pour en terminer avec la présentation de la maison sous cloche N°3, il fallait sans doute en envisager le plan. L’affectation des zones - plus que des pièces - y est variable.

    Trois entrées sont possibles (e1, e2, e3). L’entrée e1 offre une vue traversante de la maison. Elle ouvre sur la verrière du plafond et la zone de distribution en face ; à gauche, sur un séjour (A) et au fond, sur la cuisine (B). A droite, un salon est possible (E). L’entrée e2 correspond approximativement à la perspective présentée dans l’article précédent. L’entrée e3, ouvre directement sur le séjour et permet d’envisager le flanc du pan de mur biaisé.

    Un espace bureau est aménageable en D directement relié à la chambre (C). L’ensemble D, C , E peut être cloisonné de diverses manières pour obtenir deux chambres et un bureau ou deux chambres et un salon, voire même trois chambres.

    Le plan est donc relativement libre, les zones sont compressibles et extensibles. La structure dont les éléments sont en noir, est peu contraignante

 

    Il ne reste plus à chacun, qu’à synthétiser toutes ces manières d’aborder le projet pour s’en faire une image mentale. De toutes, le plan est sans doute la plus technique mais aussi souvent la plus claire ; celle qui permet de relier le tout, de se situer tout en situant ce qui n’est pas vu, bref ! de globaliser.

par van-acker publié dans : OEUVRE ARCHITECTURE
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Mercredi 18 janvier 2006

Perspective intérieure de la maison sous cloche N°3. Image numérique.2006.

 

      Il s’agit à la base d ‘une perspective au crayon " à main levée ". Elle n’a donc pas la rigueur d’une perspective montée aux instruments. Ce serait justement le type de croquis à faire pour vérifier un point de vue avant de se lancer dans une représentation plus précise et plus longue. Les retouches infographiques sont purement expérimentales.

 

      Le point de vue choisi ici embrasse les espaces les plus ouverts de la maison. En face, le regard traversant est surplombé par la longue verrière oblique. Il occupe l’espace de distribution : une espèce de couloir. Un pan de mur biaisé accélère la perspective et augmente la profondeur en frôlant les poteaux de la structure. Derrière ce mur paravent, à droite, peuvent prendre place une cuisine et un séjour. Devant et à gauche, un volume renfermant les sanitaires impose le dos de sa masse irrégulière avant de laisser voir un  bureau directement relié à la chambre. Les parois sont " déplacées " de manière à briser leurs rapports orthogonaux, multipliant les points de fuites et dynamisant d’autant l’espace.

par van-acker publié dans : OEUVRE ARCHITECTURE
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Dimanche 15 janvier 2006

Tableau numérique de la Maison sous cloche N°3. Image numérique. 2006.

 

    J’ai évoqué dès le début de la présentation des " maisons sous cloche ", les difficultés à communiquer visuellement sur un projet d’architecture. L’expérience de l’espace construit est faite de déplacements, d’images, de bruits, de sensations diverses, de manipulations… Chercher à les traduire par le biais d’images libres et suggestives reprenant des caractéristiques de la maison présentée sans pour autant la représenter précisément - visant donc plutôt à rendre des ambiances – était une autre piste de travail possible.

    Ce " Tableau numérique de la maisons sous cloche n°3 " (montrée dans l’article ci-dessous) est un premier essai en même temps qu’un remerciement. Un remerciement adressé à Sensorie, artiste plasticienne (http://www.sensorie.com) rencontrée ici même et qui par quelques conseils techniques, m’a permis de me lancer à mon tour dans la réalisation de surimpressions ou collages numériques. Merci à elle. Merci à toi.

par van-acker publié dans : OEUVRE ARCHITECTURE
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Dimanche 15 janvier 2006

Maquette de la Maison sous cloche N°3, vues des façades. Papier blanc et transparent, 3 x 10 x 10 cm. 2006.

 

 

Maquette de la Maison sous cloche N°3, vues des angles. Papier blanc et transparent, 3cm x 10cm x 10 cm. 2006.

 

     Ce troisième modèle de " maison sous cloche " permet de confronter notre concept à la maison de plain-pied. Le fait de ne pouvoir développer les plans et les volumes en hauteur, de refuser les différences de niveaux, engendre un certain aplatissement des espaces intérieurs.

    Afin de retrouver une dynamique d’ensemble, j’ai bousculé l’orthogonalité des cloisons et des volumes, biaisé le haut du grand pan principal occasionnant du même coup l’accélération de quelques perspectives. Certaines de ces perspectives sont traversantes, c’est-à-dire qu’elles autorisent une vue à travers l’épaisseur de la maison.

 

par van-acker publié dans : OEUVRE ARCHITECTURE
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Dimanche 8 janvier 2006

Louis Marin Bonnet, Tête de Joseph, gravure en manière de crayon d’après un dessin de Jean Baptiste Deshayes, 42 x 33 cm. Vers 1760. Collection personnelle.

 

Un petit tour par ma collection…

     Avec le XVIIIème siècle, la curiosité envers la genèse de l’œuvre d’art va croissant. Le dessin préparatoire, l’esquisse , la " maquette " pour la sculpture, constituent alors, en complément de l’œuvre aboutie, des objets dignes d’un nouvel intérêt. Ils sont le lieu par excellence où s’exprime " le feu " de l’artiste suivant les propos de Roger De Piles. Diderot n’en pensait pas moins et bon nombre d’amateurs se mirent à les collectionner avec conviction. Le dessin surtout.

    Mais le dessin est une œuvre unique. Comme tel, il peut désormais faire l’objet de la même diffusion que le tableau par exemple (Cf  l’article: COLLECTION / ATTRIBUTION : jusqu’à Sébastien Bourdon). C’est à l’époque, la gravure qui s’occupe de cette diffusion.

    Toutefois, le dessin n’est pas goûté pour les seules formes qu’il définit et l’image qu’il véhicule. La nature du trait, la matière de l’outil utilisé – pierre noire, sanguine, fusain, craie, encre, lavis…- sont au cœur du regard de l’amateur.

    Il n’est donc pas étonnant de voir apparaître vers 1735, un nouveau procédé de gravure chargé d’imiter à la perfection la nature de ce trait. Jean-Charles François devait en être l’inventeur, Gilles Demarteau un excellent utilisateur et Louis Marin Bonnet celui qui devait finalement dépasser les deux autres.

    Le principe est identique aux gravures traditionnelles : une plaque de cuivre est " agressée " par un outil ou un acide qui la raye ou l’entame. De l’encre est ensuite passée sur cette plaque, puis essuyée. Seule, l’encre accumulée dans les creux subsiste. Une feuille de papier est alors appliquée sur la plaque, le tout est mis sous presse de manière à ce que l’encre résiduelle se " colle " sur le papier suivant les rayures et creusements tracés par le graveur. Les outils employées comme les pointes ou les burins, laissent alors des tracés qui ressemblent plus à des traits effectués à l’encre et à la plume qu’au fusain ou à la craie.

    L’invention de la gravure en manière de crayon réside donc dans l’adaptation des outils : roulettes en tambour, roulette simple… permettant de traduire l’irrégularité et la vivacité du trait de crayon. Le résultat est saisissant.

    La " Tête de Joseph " reproduite ici comporte une petite particularité supplémentaire. Elle ressemble (dans ses épaisseurs, son grain et son poudré) à un dessin à la pierre noire rehaussée de blanc. Or l’’encre noire et l’encre blanche ne peuvent être passées sur la même plaque de cuivre. C’est bien par le recours à deux plaques distinctes, deux impressions différentes et parfaitement ajustées que ce résultat devient possible. Que dire donc des gravures rendant les dessins " aux trois crayons " … ?

 

    Le procédé n’est pas simple. Mais ce qui en résulte est révélateur d’un temps (et d’un esprit) qui voulait voir jusque dans ses fac-similés mêmes, l’essence matérielle de ses originaux.

par van-acker publié dans : COLLECTION
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