Aloïs PENZ (1853 – 1910), Portrait de Femme, fusain et rehauts de craie blanche sur papier beige, 58 cm x 44 cm. Vers 1900.
Il est comme ça, des images qui vous fixent en inversant d’autant les rapports du regardeur au regardé ; des images qui vous épinglent par leur intensité
offensive.
Ce Portrait de Femme par Aloïs Penz, réalisé vers 1900, n’est pas étranger aux figures féminines d’un Ferdinand Khnopff ou même d’un Gustav Klimt. S’y retrouve une sorte
de fascination pour la femme ambiguë douée d’une sorte de séduction prédatrice. Et si au détour d’une bretelle tombante et d’un regard noir sous une crinière défaite on y transfert aussi
facilement une part des fantasmes qui traversent de Méduse à Judith, le champ de notre inconscient plus ou moins collectif, c’est peut-être tout bonnement parce que le contexte qui est à
l’origine de telles images - Penz comme Klimt était autrichien - est aussi celui qui a vu naître la psychanalyse. En somme, ce qui relie ce dessin de Penz au Symbolisme ou à la Sécession
Viennoise est certainement bien plus qu’un simple sentiment confus.
Après tout, Aloïs Penz peintre et graveur, portraitiste et paysagiste, né en 1853 étudia bien à Vienne, Munich et Weimar auprès de Rumpler, Herterich et Thedy entre 1888 et 1892
avant de passer en France, au cours des cinq premières années du XXè siècle, par les ateliers de Roll et de Carrière ; il serait curieux de ne pas retrouver chez lui un peu de cet air du
temps qui en travaillant à sonder les âmes devait aussi en extraire quelque noirceur. Une noirceur dont ici le fusain se ferait l’écho un peu halluciné.