
Narcisse, troisième état, impressions sur transparents, 21 x 29,7 cm. 2004.
Assemblage des deux transparents imprimés qui serviront à la manipulation finale.
(états précédents : voir articles ci-dessous).
Sensorie préfère la discrétion...
La réponse est présente dans les commentaires laissés dans l'article plus haut mais si je devais essayer de la résumer je dirai que parce que ce mythe est clairement lié aux problématiques de l'image, il me semblait intéressant de l'explorer dans le cadre de la réalisation d'images. C'est evident, il ne s'agit pas de n'importe quelles images. S'y développe le rapport au sujet (regardé/regardant). Je connais une oeuvre de Dan Graham où l'on retrouve ce type d'exposition des enjeux (Present continuous, 1974) : une pièce entourée de miroirs avec un écran vidéo relié à une caméra ; écran dans lequel le spéctateur peut se voir se regarder. Ce questionnement est loin de m'être propre mais il me tient. J'ai conscience que d'y travailler est une manière de travailler à tenter de saisir ce qui m'anime. A le montrer aussi. N'est-ce pas là, quelques raisons suffisantes pour invoquer Narcisse ?
Si tu n'as réellement pas compris ma réponse, c'est sans doute parce que tu attendais une autre réponse ou une autre forme de réponse. Ton invitation à me voir "répondre autrement" le manifeste.
En terme de dialogue il faut aussi lire (en l'occurrence) ce que l'interlocuteur ne tiens pas particulièrement à exprimer. Tu veux me voir endosser le personnage de Narcisse en considérant qu'il puisse y avoir une sorte d'assimilation. C'est me forcer la main malgré les réserves exprimées mais allons au plus court.
Si un lien particulier doi m'associer au personnage de Narcisse ce serait le narcissisme (tiens donc?). Mais un narcissisme transposé ou comparé à une réalité qui est celle de quelqu'un qui fabrique des images.
Lorsque l'on a une image dans la tête, quel est l'intérêt de la concrétiser, de la rendre visible? A cette question ma réponse serait ;: de la voir, de la regarder, de la montrer.
(je m'arrête volontairement ici afin que tu puisses me confirmer que jusque là, c'est assez clair).
Je ne te gronde pas, même pas un peu.
Je n'avais toutefois pas terminé ma réponse. Je termine donc.
... Mes images finalement produites pour être vues, montrées et regardées ; je ne peux ignorer que j'en suis l'auteur. Si je les regarde à mon tour et tente d'y être le plus attentif possible, c'est aussi un peu moi que je regarde à travers elles. C'est dans ce sens que je peux avouer avoir quelques tendance au narcissisme. Et c'est dans ce sens uniquement que je crois pouvoir endosser le personnage de Narcisse.
Ce que je ne veux pas poursuivre plus avant, c'est l'analyse critique de ce que m'apporte effectivement ce regard (qui ne se limite pas à mes travaux d'ailleurs). Non pour éviter je ne sais quoi de ma personnalité qui serait caché, mais tout simplement parce que je ne sais pas. C'est d'ailleurs, ce qui à mes yeux, justifie ma démarche. C'est une sorte de questionnement.
Enfin, concernant la rareté des échanges entre plasticiens, je n'ai pas d'avis particulier. Mais sur les blogs, c'est assez rare en effet. La relation est peut-être trop indirecte ? ou les plasticiens auraient besoin du ton. Dans tous les cas, c'est à eux qu'il revient de faire en sorte de ne pas avoir à le déplorer.
Nous avons commencé à échanger depuis quelques jours et j'ai cette question qui me tient à coeur :
pourquoi Narcisse ? Il était temps que je te la pose :-)