
Perspective intérieure de la maison sous cloche N°3. Image numérique.2006.
Il s’agit à la base d ‘une perspective au crayon " à main levée ". Elle n’a donc pas la rigueur d’une perspective montée aux instruments. Ce serait justement le type de croquis à faire pour vérifier un point de vue avant de se lancer dans une représentation plus précise et plus longue. Les retouches infographiques sont purement expérimentales.
Le point de vue choisi ici embrasse les espaces les plus ouverts de la maison. En face, le regard traversant est surplombé par la longue verrière oblique. Il occupe l’espace de distribution : une espèce de couloir. Un pan de mur biaisé accélère la perspective et augmente la profondeur en frôlant les poteaux de la structure. Derrière ce mur paravent, à droite, peuvent prendre place une cuisine et un séjour. Devant et à gauche, un volume renfermant les sanitaires impose le dos de sa masse irrégulière avant de laisser voir un bureau directement relié à la chambre. Les parois sont " déplacées " de manière à briser leurs rapports orthogonaux, multipliant les points de fuites et dynamisant d’autant l’espace.
Une manière de rendre compte ou de s'atarder un peu sur la place des constituants qui définissent l'espace intérieur de la maison.
Tu as raison de ne pas en rester à l'apparente sobriété qui résulte surtout du niveau de réflexion. Le langage ici n'est pas celui d'un fonctionnalisme froid. Quant à "l'organique", si tu pouvais prendre le temps de développer un peu car c'est une notion particulière attachée à des architectes comme Wright ou Gaudi par exemple. On est loin de leur esthétique. Ta perception est donc certainement plus personnelle ; elle m'intéresse d'autant plus.
PS : n'oubliez pas le guide à la fin de la visite.
Disons que l'idéal serait un équilibre entre la forme et la fonctionnalité. Habiter un espace ne peut se résumer à des activités "mécaniques". Même la formule de Le Corbusier ("machine à habiter") qui lui permettait de mettre en avant les qualités fonctionnelles de ses habitations ne peut conduire à résumer son architecture à une recherche d'absence de qualité formelle au bénéfice de la seule fonction (à moins d'être aveugle). L'architecture de Le Corbusier est très plastique mais pas décorative. C'est un peu comme si, la dimension plastique de l'architecture était une fonction.
Je crois que beaucoup parmi nous ont eu l'occasion de vivre dans des maisons pas nécessairement pratiques mais néanmoins agréables. Comme tu dis, les questions qui relèvent de l"habiter" sont complexes et il me semble impossible de les réduire à quelques formules. Il y a du culturel là dedans (c'est peut-être ce que l'on peut le mieux formuler) mais il y a aussi de l'individuel.
Concernant Némausus de Nouvel, je n'ai jamais expérimenté ses espaces. De quoi relève son allure actuelle d'épave ? de sa négligence ou de celle des habitants de son architecture ? Les fameuses coursives courantes ont peut-être été investies au fil du temps comme des espaces peu définis entre privé et public ?
Toi qui a habité Némausus, peux-tu nous dire ses qualités et ses défauts ?... si tu as le temps et le courage ou tout simplement envie.
Belle perspective même si elle est faite à main levée.
Pourquoi cet aspect miroir ou refflet ? pourquoi n'est-ce pas net?
Bien le bonjour ! De retour sur ton site, je remarque que tu travailles à présent le flou et la réflexion (au sens du reflet aussi). Cela me semble exprimer quelque chose de l'ordre du narcissisme, comme le besoin de connaître ses propres limites. Bon, je ne suis pas psy ! Je dirais juste par rapport à ces "réflexions" que l'art permet de voir la Beauté où qu'elle soit, et de l'exprimer. Ce qui est un challenge quand le monde semble gris. Bonne continuation et à bientôt. Thierry.
Les effets miroir, les reflets, les flous cherchent à traduire les effets de la lumière naturelle dans les parois de verre et les verrières de la maison. Ils se superposent et n'ont pas de cohérence réelle par rapport à une vue donnée (contrairement à la perspective qui suppose un point de vue fixe). C'est donc un peu une manière d'ajouter du relatif et du variable dans un système de représentation trop figé.
Mais ça n'est pas qu'une manière. De fait, la forte présence du verre dans la maison pose la question de ses lmites, de sa perméabilité aux regards, de la démultiplication des espaces, des parois et d'un certain brouillage de l'ensemble. Pour moi, ce "brouillage" fait partie intégrante du projet, ce projet fait partie intégrante de ma réflexion, ma réflexion ne peut que ramener à moi-même. On peut donc encore et toujours y voir une forme de narcissisme. Mais je crois que c'est là pousser jusqu'au bout ce qui est à l'origine de tout ce qui figure sur ce blog (et sans aucun doute sur tous les blogs). C'est donc juste mais à nuancer.
Merci de votre visite JC et Thierry.
Il y a de l'organique sous cette sobriété...