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Lundi 13 mars 2006

Retour sur ma collection…

    Jacques Callot (Nancy 1592- id. 1635) est un artiste qui ne peut être ignoré même de celui que la gravure intéresse peu.

    A la différence des graveurs d’interprétation, notre Nancéien n’a pas cherché à mettre sa dextérité au service d’un quelconque peintre. Il invente. Ses nombreuses compositions relèvent donc de la gravure d’invention. Elles ont par conséquent tous les caractères de cet art graphique exprimés en des termes plus libres.

 

Jacques Callot, Le Catafalque de l’empereur Mathias, eau-forte et burin, 28 x 20 cm. 1619. Le cuivre de cette gravure se trouve au Musée historique lorrain à Nancy. Collection personnelle.

 

    Le Catafalque de l’empereur Mathias, est un bon exemple de l’aptitude singulière de Callot à traiter simultanément et sans aucune contradiction, une vision très élargie et une description des plus détaillées. Dans de vastes espaces - ici l’intérieur de l’église San Lorenzo de Florence - c’est tout un monde qui se presse non comme une masse impersonnelle mais bien une foule composée d’individus échangeant ensemble, se recueillant en solitaire, soignant leurs mises ou se désignant par quelques gestes distraits. On entendrait presque les chuchotements des conversations s’élever doucement jusqu’au célèbre plafond à faux caissons de l’église florentine.

 

J. Callot, Catafalques de l’empereur Mathias, détail 3 x 3 cm.

 

    Cet espace architectural est l’œuvre de Brunelleschi. Il existe encore. Si on en compare une vue contemporaine avec la description qu’en donne Callot, on mesure assez bien son souci d’en respecter l’effet d’ensemble et de rendre fidèlement la mise en scène ordonnées par Giulio Parigi à l’occasion de la cérémonie funéraire autour de la mort de l’empereur Matthias. Tout y est. : tentures, blasons, squelettes, candélabre, etc.

    Aussi, la contemplation d’une telle gravure est-elle la source d’une satisfaction rare où la distance importe toujours. Comme si vous pouviez à loisir glisser d’une échelle à l’autre : associer la pointe d’une épée à la finesse du burin ou prendre la mesure d’un lieu enveloppant traduit par la perspective et de subtils jeux de valeurs qui témoignent d’une maîtrise parfaite de la morsure à l’eau-forte . On s’y attarde, on y demeure et on s’y perd … bien volontiers.

par van-acker publié dans : COLLECTION
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