
Interventions minimales 3, estampe sur tirage papier d’une photographie numérique, couleur transparente pour verre, 14 x 14,7 cm. 2006.
Je ne sais pas exactement si c'est une passerelle mais le parallèle avec une tentative plastique est heureuse (ou pas). Aller au-delà du visuel quitte à survoler le vertigineux.
Transparence des couleurs, perspective et vitres (?) s'additionnent pour nous laisser le champ libre et tourner à gauche.
Ouais, moi aussi je serais assez d'accord pour tourner à gauche...
Sinon on va se manger la barrière !!!
Surtout à la vitesse ou l'on roule...
Cocole, regarder et penser... c'est déjà ça. Après tout, il n'est pas nécessaire de s'exprimer à propos de tout, même si les remarques de chacun(e) me sont utiles.
Merci Marie-José, je repasserai vous voir un peu plus tard car votre blog donne beaucoup à lire, j'ai donc besoin de temps pour y entrer.
Jp, tes métaphores me troublent parfois. Pour moi tout fait sens, mais je dois t'avouer que le désaccord entre "le parallèle" et "heureuse" ne me donne aucune indication (faute de frappe ?). La passerelle au sens de "passage" peut être associée à la figure de la fenêtre (ici couchée) ; c'est un objet de transition (peu innocent dans le domaine des arts plastiques). En sa compagnie, on peut cheminer doucement jusqu'à la "fenêtre d'Alberti" et son lien à la perspective, à l'espace profond contredit par la frontalité de ce qui pourrait être une vitre sale (l'estampe)... ou une barrière, une opposition.
Par contre, pourquoi toi et didoff voulez-vous tourner à gauche ? A cause de cette petite tache claire peut-être? seule échappée possible ...
Pardon pour la faute. Commentaire trop vite dactylographié. Celui-ci aussi certainement.
La liberté de fuite ou plutôt de continuité dans une représentation picturale est importante à mes yeux. Tourner à gauche me permet de continuer à adhérer à ton art.(Ce n'est pas la tâche blanche mais entre la fenêtre et le mur devenu vertical et réhaussé de poussières, chemin indiqué par une fine courbe traversant l'oeuvre).
J'espère avoir le temps d'ici peu d'approfondir.
Je te laisserai donc approfondir.
La fine courbe traversante est un coup d'ongle fait au revers de la feuille au moment de la réalisation de l'estampe (réalisée sans presse pour l'instant). J'ai donc repris cette série là où je l'avais laissée en 2005. Dans les interventions minimales suivantes, j'ai essayé d'ouvrir un peu plus les options esthétiques tout en gardant quelques principes de base .. mais nous aurons certainement l'occasion d'en discuter.
Un mur qui se dégrade, à gauche, qui "coule" au sol, pourriture, viscosité, qui imprègnent le couloir, l'envahissent peu à peu, où pourra-t-on poser les pieds quand il sera submergé? comment pourra-t-on s'échapper de ce corridor - de la mort?
Ikkar, with love
Voilà une interprétation bien angoissante Ikkar. Le rouge, le jaune sont aussi des couleurs vivantes et flamboyantes. Mais il est vrai que l'effet d'ensemble a priori n'invite pas à l'optimisme. S'il y est question d'enfermemnt, cet enfermement serait peut-être le mien finalement. Car à vouloir considérer l'image comme une fenêtre ouverte sur l'image elle-même, il se peut que je tourne en rond. J'ai toutefois envie de faire encore quelques petits tours...
Je ne me sens pas du tout enfermé!
Un espace rouge et or, un espace de chaleur (le rouge) et de fraîcheur (l'or), où je me sens bien, m'épanouissant, me réjouissant, rêvant , fermant les yeux, face au soleil. Ebloui.
Merci Lung Ta, Will et Pierre(2) pour laisser ici vos impressions. En vrac, quelques termes s'articulent à l'intention générale (pas nécessairement tel que vous l'ententiez d'ailleurs !) et m'invitent à rebondir.
Le construit dépassant la construction de l'image (sur laquelle j'insiste souvent) peut s'entendre aussi comme espace architecturé suggéré par la fenêtre et quelques lignes ; un espace rudimentaire : une pièce, un corridor, une chambre (noir?), un cube (le cube d'Alberti cette fois?), un lieu du dedans, une espèce de for intérieur... mais aussi (et encore) cet oeil dans lequel l'image se forme. Dans cette obsession, il y a quelque chose de la persisitance rétinienne..(intervention minimale n°4 est plus éloquant de ce point de vue).
L'endroit a toute l'ambiguïté de ces espaces clos "ouverts sur". L'enfermement y est donc relatif. On peut parler aussi d'intimité, de lieu propice à la méditation, au cheminement intérieur. Au cours de tels cheminements se portent à notre conscience autant de manifestations d'une certaine décrépitude que de supports de jouissance et d'éblouissement. On est là sur un niveau d'appréhension propre à chacun.
Le temps plus particulièrement Will, autour de la question de l'intervention minimale est une donnée intéressante. L'acte de verser un liquide épais sur une surface (acte de l'auteur) est plus bref que le d'expansion de la flaque. On est dans le domaine de la chose qui se fait d'elle-même plus qu'elle n'est faite (c'est plus du ready-made mais du self-made si on veut pousser Marcel dans les orties !).