
Interventions minimales 5, estampe sur tirage papier d’une photographie numérique, encre typographique, 19 x 13 cm. 2006.
La référence à "l'architecture à tendance soviétique soupçonnée" n'est certainement pas directe. J'imagine jp, que tu veux parler d'une "surarchitecture" voire d'une construction systématique de l'image (?). Le trait blanc ne résulte pas d'un geste mais c'est bien cette impression qu'il donne (comme une intervention graphique sur la photographie) qui m'intéresse.
Sinon, le mot "artiste" ne me fait pas peur. Je crois même l'utiliser ici assez souvent.
C'était plus un constat visuel. L'accumulation des superpositions ne nous laissaient plus qu'entrevoir la structure rigide du bâtiment. Que le non-toit accentuait.
Rigidité annihilée par le reste.
Pour le mot "artiste" tu sais bien ce que je veux dire.
Alors oui, disons que de la trace de l'estampe en haut jusqu'à la façade du fond il y a une suite de plans accumulés à traverser. Même transparents ces plans forment une "épaisseur" qui rend très incertaine la perception des éléments figuratifs.
Pour moi "artiste " est un "statut social" ou (et) un "état". Dans le premier cas, c'est un métier et on en vit plus ou moins bien. Dans le second on est artiste parfois même en dépit de son statut social. C'est à dire que l'activité créatrice est d'un intérêt tel qu'elle tend à devenir artistique. Celui qui s'y adonne est donc à mes yeux un artiste sans nécessairement en avoir le statut social. Je crois qu'il y a aussi des "états artistisques" plus ou moins affirmés.
Aucune peur particulière dans tout ça. Mais je me demande si ta question ne concernerait pas la considération de ma propre posture dans tout ça...
Oui.
Je voulais savoir (trop indiscret suis-je?) comment toi tu te considérais puisque dans un post précédent tu laissais le soin aux artistes d'exposer, alors que tu as une activité créatrice aux vues (?) de ce blog. Est-ce par rapport au statut social?
Mais un "artiste" peut aussi avoir le statut social (déclaré comme tel aux impôts) et ne pas "oser" se définir ainsi. Enfin c'est mon cas...
On s'éloigne là.
Il n'y a aucune indiscrétion jp. J'ai certes une activité plus ou moins cohérente d'expérimentations plus que de création. Mais ces productions s'inscrivent dans un oeuvre - presqu'au sens alchimique - c'est à dire dans une construction d'ensemble qui m'aide peu à peu à mieux comprendre certains objets d'art ou certaines démarches artistiques. Cette pratique m'aide tant à collectionner qu'à observer. Mais j'ai aussi des questions à poser et à me poser (comme chacun) : ma pratique ne peut donc se résumer à un simple exercice (même si c'est ce que l'on peut y voir). Pour autant, elle n'a pas à mes yeux de valeur artistique au sens propre. Elle conduit dans le meilleur des cas à des supports d'échanges. C'est déjà bien. Peut-on exposer des supports d'échange ?
La question n'est pas d'oser ou pas. Puisque tu as ce statut d'artiste alors tu peux te définir comme étant un artiste. SI tu as des doutes sur ton "état" d'artiste, là c'est autre chose. Ces doutes peuvent dépendre de ton caractère ou de l'absence de reconnaissance publique suffisante de ton travail. L'"état" d'artiste lui-même, à mon avis ne devrait pas en dépendre. En être plus ou moins affecté oui, mais pas en dépendre.
Après, je ne suis pas naïf, il y a aussi aujourd'hui toute une stratégie à appliquer : prises de (bons) contacts, investissements, réseaux, expos, modes, implication et concessions diverses. Tu en sais certainement bien plus que moi à ce sujet. C'est un univers dans lequel on navigue plus ou moins bien...mais qui est indispensable à une certaine mise en lumière d'un travail.
Mais je ne sais pas si j'ai bien répondu à ta première question...
Tu as fait un choix, même si je pense que tu as matière pour te montrer autrement que sur un blog. Il faut parfois attendre de se sentir prêt, on ne se jette pas impunément aux yeux de tous. Après c'est une question d'engagement... et de stratégie pas toujours maîtrisable où effectivement son travail ne suffit pas.
Quant à cette question d'être artiste ou de se sentir artiste finalement se résumerait à un pourcentage. La barre est à 100%.
Des points de vue, Jean Christophe, rien de plus que des points de vue.
JP, j'ai pour ma part, la conviction qu'il faut plus de souffle et plus de "matière à" justement. Mais bon, on tournerait en rond à en discuter trop longuement.
Couches de papier sulfurisé contrecarrant l'architecture à tendance soviétique soupçonnée que vient perturber un feuillage d'encre noire. Le geste blanc élaboré donne une profondeur au jeu de diagonales. Je n'oublie pas la touche du rouge devenu orangé. Indispensable.
Pourquoi à toi aussi le mot "artiste" te fait peur?