
Hans Schachinger, Portrait de jeune femme de profil, huile sur carton signée en bas à gauche, 39 cm x 34 cm. Vers 1930. Collection personnelle.
Avec le portrait, il arrive que l’on confonde peinture et figure … à tort ou à raison.
Il faut avouer que dans le cas présent il y a de quoi, tant la beauté de cette jeune femme est entêtante. On cherchera dans la commissure des lèvres, le dessin du nez ou la longueur des cils de quoi est faite cette beauté là… à raison certainement, car il n’y a ici aucun autre sujet. Tout tient semble-t-il, dans la forme et l’arrangement de ces quelques parties auxquelles aucun bijou, aucune parure – même pas celle d’un quelconque rang social - ne trouve à s’accrocher. La couleur elle-même y reste discrète.
Mais suivre trop longtemps les traits qui font la beauté d’une telle figure c’est risquer d’oublier la peinture ! ces coups de brosses qui arrangent la coiffure, esquissent le sourcil, effrangent le col de fourrure… cette lumière écrasée en une pâte épaisse sur la pommette et la tempe. Bien peu de chose en vérité mais assez pour animer l’ensemble, pour imprimer à l’image un " je ne sais quoi " de fugace, de vivant . Résultat : un modèle qui pense bien plus qu’il ne pose. Quant à l’objet de ses pensées… à moins qu’il n’existe un pendant à ce tableau pour me faire mentir, Hans Schachinger n’en dit rien. Sauf la rougeur des joues peut-être ?
On sait peu de choses de cet artiste Autrichien actif durant la première moitié du siècle dernier. Passé par l’Académie des Arts de Vienne, il s’est formé auprès de l’austère Christian Griepenkerl et du sensible Otto Henry Bacher. C’est du second - fortement influencé par l’impressionnisme - que Schachinger se montre ici le plus proche.
Proche du pouvoir Nazi, il le fut aussi, assez en tous cas, pour réaliser le portrait d’Adolphe Hitler en 1942. Mais comme avec le portrait, il arrive que l’on confonde peinture et figure… à tort ou à raison, je lui préfère largement celui de cette jeune femme. Allez savoir pourquoi.
Merci Briesing, je crois qu'il doit être possible d'en dire bien des choses encore mais que la beauté du modèle ne cesse de revenir sous une forme ou sous une autre. N'est-ce pas jp ?
Tiens, raphaël, cette question finalement légitime, ne m'avait pas traversé l'esprit ; sans doute parce qu'une collection virtuelle n'aurait pour moi aucun intérêt. Elle est donc bien palpable. Concernant l'exclusion ou la négations, je crois que c'est une attitude parfois nécessaire losque l'on cherche à échapper aux influences, aux traditions trop lourdes... les effets en sont parfois libérateurs. Ce serait s'identifier en s'opposant. Chacun fonctionne à sa manière. Personnellement, j'aime mieux regader un peu partout.
Merci pour cette attention sensible sensorie, même si je sais déjà que 2007 sera peuplée de choses que j'aime et de choses que je n'aime pas... comme toutes les autres années. A une autre fois.
Bonne année 2007 !