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Quelques productions et réflexions d'un plasticien un peu collectionneur, un peu architecte...

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OEUVRE : Sans titre ... suite

    Puisque j’ai autant tendance à défaire qu’à faire, ce blog peut décidément m’être utile. En me forçant à conserver la trace de mes intentions et revirements dans un souci de présentation qui se veut cohérente, il me permet de cheminer en  balisant consciemment le terrain.

   J’avais récemment dit mon insatisfaction concernant ma grande peinture abstraite " Sans titre " (voir article : ŒUVRE : Sans Titre).

   Aussi curieux que cela puisse paraître, mon intention première en m’engageant dans ce travail, tournait autour de Nicolas de Largillierre et Hyacinthe Rigaud : deux portraitistes français des XVIIè XVIIIè siècles, qui cultivèrent l’intéressant paradoxe de s’éloigner de la figure en pratiquant le genre du portrait. Nous aurons l’occasion d’en reparler plus en détail à un autre moment, mais disons que leurs manières de composer de grandes surfaces colorées jusqu’à noyer le modèle dans ces jeux d’ajustements et d’accessoires, me semblent profondément modernes... à condition d’y voir plus que de l’emphase. Dans certains cas, lorsque seule une main ou une tête émerge d’un assemblage de flaques de matières colorées, nos deux peintres s’approchent étonnamment de l’abstraction.

Nicolas de Largillierre, La baronne de Besenval, vers 1720, hst. 138 cm x 104 cm, Etats Unis, collection particulière.

 

   Le terme hollandais de " monstering " pouvait alors désigner ce type de constructions par accumulations, ajouts d’étoffes sur étoffes, ornements et rehauts (comme l'indique le Het Groot Schilderboek de Gérard de Lairesse, 1705).

   Ma première proposition (Sans titre) ne traduisait pas assez une telle manière de construire dans l’espace ET dans l’épaisseur. En la découpant entièrement, j’ai pu retrouver des nappes de couleurs, des peaux mobiles, superposables et ajustables.

   Après avoir réorganisé le tout, corrigé quelques couleurs et fait pivoter mon format, j’arrive à l’esquisse d’une seconde proposition qui me convient davantage.

Je parle d’esquisse car il n’est pas impossible qu’il faille affiner encore…

Sans titre 2, huile sur toile, 100 cm x 100 cm. 2006.

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V
Tout le mystère du miroir doit tourner autour de sa capacité à montrer la même chose... mais autrement.
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T
Ces réflexions me rappellent une technique utilisée en BD pour gérer la composition d'une planche et celle de chaque case : il suffit d'utiliser un miroir, les "erreurs" sautent aux yeux (y compris les problèmes de perspective). Bonne continuation. Th.
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V
Le domaine est différent mais la question peut  bien être la même Phil. Sauf qu'il  faut faire la différence entre chaque moment où survient le renversement; l'inversion, etc. <br /> Si l'inversion intervient dès le départ (Baselitz peingnant ses sujets tête en bas), ça reviendrait un peu à composer une musique en commençant par a fin par exemple. <br /> Picasso, faisait pivoter certaines de ses toiles mais conservait ce qui avait déjà été fait de sorte que se chevauchent, se superposent  dans la même oeuvre, plusieurs temps de sa création ; les revirement, les repentirs, les erreurs y compris. Ce serait donc comme conserver les premières intentions d'écriture, les fautes d'harmonisation ou d'arrangements dans une pièce musicale jusqu'à la disonance éventuellement. <br /> Enfin, et c'est ce qui semble retenir ton attention, le fait de retourner ou d'inverser la perception de l'oeuvre de manière temporaire afin de la voir autrement, d'espérer se mettre à la place de celui qui la perçoit pour la première fois ou d'en mesurer l'équilibre ou les défauts. Trouver l'équivalent en musique n'est pas évident, on l'a dit.  Alors, les changements de rythmes, d'arpèges, etc. pourquoi pas ? on peut peut-être aussi penser à une transposition très éloignée de la tonalité de départ. Le changement d'instrument est possible aussi. Faire jouer la partition par quelqu'un d'autres aurait aussi ses vertus. Tout en ayant conscience que ça n'est pas vraiment la même chose. Mais le musical et le pictural ne relèvent pas du même langage. Si on pouvait directement faire avec l'un ce que l'on fait avec l'autre, ce serait trop simple.<br /> Voilà mon Phil, ce que je peux te suggérer pour l'instant mais je conserve ta préoccupation en mémoire.
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P
Juste une petite intrusion au sujet de votre technique du renversement ou du miroir : Une technique que j'utilise déjà en musique pour écouter d'une autre manière est de jouer mes morceaux sur des rythmes (arpèges, battements, syncopes) et des tempos différents. Vous jouez sur l'espace, moi je dois jouer sur le temps linéaire. Mais si vous avez d'autres idées, n'hésitez pas à me les soumettre ! Merci et excusez moi pour cette parenthèse qui n'a rien à voir véritablement avec le sujet.
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V
Paradoxalement bernadette, c'est peut-être plus difficile de se libérer d'un apprentisssage que d'apprendre. Il suffit d'y penser un peu pour comprendre qu'en effet, ça demande un travail. Pour ma part, j'ai toujours pensé que c'était impossible car il y a tellement de schémas culturels qui nous traversent sans que nous en ayons conscience que tout désapprendre supposerait déjà d'avoir tout repéré pour ensuite espérer s'en débarrasser. Mais l'idée est surtout d'essayer de se libérer comme tu le dis.<br /> Cy Twombly est pour moi un artiste qui donne dans une certaine mesure, une bonne suite à l'art brut . Dans le genre spontané et instinctif, libéré des codes culturels, je le trouve très juste.
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