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Quelques productions et réflexions d'un plasticien un peu collectionneur, un peu architecte...

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COLLECTION : Un "Portrait de Gentilhomme" sans nom(s).

Portrait d’un Gentilhomme, huile sur toile, 93 x 74 cm. Vers 1700. Collection personnelle.

 

A propos de ma collection toujours…

    L’intuition n’est pas chose magique. Elle reste à mon avis, profondément rationnelle en s’appuyant sur des points de connaissance. Lorsqu’elle s’exerce dans le registre de l’attribution, elle fait appel souvent de manière assez fulgurante à des choses vues ou lues, synthétisées jusqu’à former dans l’esprit une espèce " d’objet " idéal qui serait toutes ces choses à la fois mais aucune en particulier. La mémoire y est donc certainement impliquée. Et si le processus m’échappe dans ses détails, ça n’est pas suffisant pour lui prêter des vertus imaginaires. D’autant que la réalité se charge souvent de vous ramener à vos tristes limites.

    J’ai dans ma collection, ce beau Portrait de Gentilhomme qui résiste à ma reconnaissance. Il me semble pouvoir y voir un tableau à la charnière entre les XVIIè et XVIIIè siècles dont la composition est assez basique : altière mais sans emphase.

Le coloris souffle le chaud et le froid en jouant des orangés, prunes et violacés sur un fond brun et gris-vert assez sombre ponctué de zones chaires et de quelques éclats froids (de blanc-violet et de bleu ciel) sur les broderies et les dentelles. Le modelé du visage est plutôt affirmé. La touche est variée et adaptée avec une certaine maîtrise à la chose qu’elle décrit (perruque, velours, peau, dentelles…). Autant d’éléments bien visibles que je ne parviens pourtant pas à rattacher clairement à une Ecole et encore moins à un nom. Mais puisqu’il faut bien s’avancer un peu, je me risque à y sentir quelque chose de français.

Hormis le " costume " affichant d’emblée le rang social du modèle, aucun signe, aucun attribut ne permet d’orienter une recherche particulière sinon ce doigt pointé vers la gauche qui nous invite à sortir du tableau pour sans doute, en apprécier un autre ; son pendant peut-être, représentant Madame, … il y a de grandes chances.

Mais que Monsieur soit marié ne nous avance pas à grand chose…

Au revers du justaucorps pourtant, un insigne se laisse entrevoir. On devine une croix pattée aux extrémités doublées dont chaque pointe porte une petite boule et chaque creux une petite fleur de lys. Un étroit ruban bleu-violet y est associé. Penser alors à l’Ordre du Saint-Esprit peut paraître justifié mais la discrétion (sûrement signifiante) de l’insigne ne permet pas de voir l’emblématique volatil blanc qui étend ses ailes dans la croix. Or, d’autres ordres de Chevalerie sont représentés par de telles croix pattées. Les indices sont donc trop maigres pour suivre cette piste.

Une restauration récente n’a malheureusement révélé aucune signature de l’auteur. Le modèle conserve obstinément son anonymat. Voilà donc bien un tableau qui pour l’instant, reste sans noms.

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G
Bonjour Van Acker, Tu n'es donc pas que plasticien mais aussi enquêteur,  écrivain et encore bien d'autres. Meilleurs voeux pour l'année qui s'annonce !
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B
trés bon Noel et bises
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B
Oui c ça, je trouve qu'il y a une grande différence entre le visage-main et le reste du tableaux. En effet les écoles avaient un maître, celui çi donnait juste dans le détail et la patte finale.
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V
Nous voilà au coeur du problème.<br /> Concernant l'aspect strictement matériel peu de tableaux traversent les âges sans renouvellement ou restauration. Trouver une oeuvre ancienne intacte est rarissime. Celui-ci n'a pas échappé à la règle. Il a été rentoilé, retendu sur un nouveau châssis et partiellement retouché au XIXe siècle. Donc ce tableau est à regarder bien en face si l'on veut  espérer en extraire quelques éléments.<br /> L'intervention de la restauratrice a consisté essentiellement en un nettoyage des vernis, une réhomogénéisation des quelques retouches et une réduction d'une pièce. Pour les usures ; elles ont été assumées et sont donc encore visibles.<br /> Rien n'indique qu'il s'agit d'un morceau. Les compositions à mi-corps sont très courantes à l'époque et les extravagances  auxquelles tu te réfère étaient payantes. A savoir que l'ajouts d'accessoires, des ajustements et la mise en scène du tout avec le format déterminaient le prix de la commande. On sait par exemple, par les Livres de comptes de Rigaud, qu'un portrait avec ou sans les mains coûtait plus ou moins.<br /> Ici, nous sommes sur un format moyen qui correspond bien d'ailleurs aux "normalisations" de l'époque. Je ne crois pas qu'il ait été coupé.<br /> Enfin, la copie....<br /> Une copie est possible mais dans ce cas elle est d'époque puisque la restauratrice a confirmé l'origine du tableau vers 1700. Il me semble pour l'instant impossible de déterminr s'il s'agit d'une copie puisque je ne connais pas l'original ! On peut juste dire en effet, que la différence de traitement entre la tête et le costume peut faire penser à une oeuvre d'atelier dans  laquelle "le maître" serait intervenu pour le visage et que les "élèves" auraient été chargés du reste. Là encore, nous avons de nombreux exemples de ce type de distribution des tâches dans beaucoup d'ateliers de l'époque.<br /> Bon. Mais le problème n'est pas résolu pour autant. Quel atelier? et  si c'est une copie "sauvage" : de quelle oeuvre originale ? Des noms ! des noms! des noms!<br /> Dans tous les cas, il faudrait pouvoir aller plus loin avant de  conclure.<br /> "Investigons", "invetigons" donc encore !
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B
Pour mener l'enquête as tu regardé le dos du châssis, il en dit beaucoup :la toile, le bois du support, sa fixation etc<br /> C un morceaux d'un tableaux ! les guerres, les incendies ont détrui le reste...on dirait une copie car son vêtement en velour semble terne par rapport aux extravagences de l'époque ou mal restauré !<br /> ah!! les investigations de Bernadette !!!!
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