Je me suis moi aussi perdu au regard d'une perdrix, Barbara. C'était devant une nature morte de Nicolas de Largillierre : "Fruits et perdrix grise", lors de la retrospective au Musée Jacquemart-André de 2003-2004. Je me suis perdu dans son plumage avec un réel plaisir ; plaisir de la peinture, plaisir du rendu, plaisir des effets, du coloris, de la matière, du geste... Le moment avait beaucoup à voir avec une évidente sensualité par cet attachement à la "chair picturale". Il se trouve que la perdrix est une des figures qui entrent dans l'allégorie de la concupiscence. Elle y est sans doute convoquée pour son regard ouvert, rond, et apparemment avide.<br />
En somme, je veux dire ici mon goût prononcé, mon inclination pour une peinture associant conscience de la matière et sens de la représentation. La peinture des XVII et XVIIIè siècles constitue pour moi comme une espèce d'équilibre dans le genre. Ici, cette perdrix par son traitement, peut renvoyer à un peintre animalier comme J-B Oudry... un élève de Largillierre.<br />
L'explication n'est pas directe, mais je crois que tu y trouveras assez d'éléments pour mieux comprendre et ce travail et tes propres interrogations.<br />
Merci pour ton intervention.
J'observe depuis plusieurs minutes et j'avoue de moins en moins y comprendre.... Je me perd, je crois dans cet oeil de perdrix et je ne sais plus très bien de quoi est fait cet oeil. Bref, Mr Van Acker, vous l'aurez compris, cette " inclination" m'interpelle et mélange tous mes repères plastiques. Etait-ce le but? Prouesse technique, humour aussi...Je sens que vous êtes joueur. Merci, en tous les cas, pour cet instant tourbillon. Barbara
Oui un recueillement dû à la surprise du résultat. Ce sentiment agréable que procure la découverte d'un travail et que l'oeil transmet à quelques neurones syndicalisés avec l'idée d'un esthétisme.