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Quelques productions et réflexions d'un plasticien un peu collectionneur, un peu architecte...

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ATTRIBUTION : Une "Vierge à l'enfant" de J. Blanchard passée presque inaperçue

Vierge à l'Enfant, Ecole française, XVIIè siècle, huile sur toile rentoilée, 86 x 69 cm (photo. La Gazette de Drouot, 1er juillet 2005, N°26, p. 78.

JACQUES BLANCHARD, La vierge à l'Enfant (endormi, à la chaise de bois), gravure anonyme publiée chez Le Blond, 31,8 x 22 cm (reproduite dans Thuillier, Jacques Blanchard 1600-1638, Musée des Beaux -Arts de Rennes, cat. p. 271, 1998.

     Dans l’article " Un dessin italien de XVIIè siècle ? ", je précisais que l’attribution d’une œuvre d’art était affaire de spécialiste. Il faut bien en effet, pour être validée, que toute hypothèse reçoive un soutien scientifique susceptible de faire office de caution. Mais rien n’empêche l’amateur de voir ce qu’il voit et de rapprocher divers éléments concernant un objet d’art " anonyme " jusqu’à se sentir conduit vers le nom de son auteur.

La Gazette de l’Hôtel Drouot N°26 du 1er juillet 2005, reproduisait en page 78 une Vierge à l’Enfant accompagnée du commentaire suivant : " D’abord imputé à l’école italienne du XVIIè, ce touchant tableau a été finalement attribué à l’école française… ". Mais curieusement, aucun nom d’artiste français du XVIIè ne s’était imposé à l’esprit des professionnels de l’art - experts ou commissaires - ayant vu ce tableau avant sa vente les 21 et 22 juin précédents.

Pourtant, " au premier regard ", l’intensité de la relation mère-enfant, la douceur de la lumière effleurant les corps, le vaporeux des cheveux d’un blond vénitien, le modelé des mains un peu molles, le balancement mesuré entre idéalisation du visage de la Vierge et détails réalistes - coiffure légèrement défaite, chaise rustique en guise de trône - auraient dû suggérer un nom : Jacques Blanchard.

La comparaison avec une autre très belle Vierge à l’Enfant (endormi) de notre artiste contemporain de Vouet conservée au Musée des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand, permet de confirmer cette première impression. On pourrait presque s’arrêter là. Mais une pièce complémentaire peut encore être facilement versée au dossier.

Il existe une version gravée de cette composition reproduite en page 271 du catalogue de Jacques Thuillier édité en 1998 à l’occasion de l’exposition Jacques Blanchard 1600 – 1638. Malheureusement, le graveur de cette feuille anonyme n’interprète pas au mieux la douceur et les subtilités de l’original mais il en fournit une description assez scrupuleuse ( quoiqu'inversée comme souvent ) pour lever tout doute quant aux liens unissant les deux images.

Reste qu’il faut émettre les réserves d’usage. Si l’invention de la composition revient bien à notre artiste français - ce qui est incontestable et suffisait pour parler au minimum d’atelier de Blanchard – qu’en est-il du tableau reproduit dans La Gazette ?

Il faudrait pouvoir l’observer directement pour répondre ; vérifier que dans sa facture même se retrouve bien l’écriture de Jacques Blanchard. Une simple reproduction de qualité assez médiocre ne permet pas de telles investigations. C’est pourtant tout ce dont je dispose. Je ne peux donc aller plus loin tout en admettant l’existence d’un doute purement méthodologique tant la conviction est forte.

 

 

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C
Il est vrai que le visage, le porter de l'enfant, la façon dont il est lové sur le bras, porté par la main, le drapé, la lumière et la forme du visage laissent à penser que Blanchard est l'auteur du tableau.<br /> Il est étonnant que la gravure clairement attribuée n'ait pas été mise en rapprochement avec le tableau plus tôt ... méconnaissance de l'oeuvre de Blanchard ? Volonté de voir de l'école italienne à chaque fois que la finesse est visuelle ? Manque d'intérêt alors pour cette Vierge à l'enfant peut-être perdue dans une collection prestigieuse ? <br /> Je partage ta réserve que je laisse aux spécialisyes ... vérifier que la toile n'est pas une reproduction d'un élève ou d'un faussaire s'étant inspiré de la gravure <br /> Claire<br />  
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P
Je suis tout à fait d'accord ! Et c'est ce que j'entendais par "développement de la démarche". Il y a trois voies pour amorcer une découverte :<br /> 1 - Le hasard<br /> 2 - La synthèse d'éléments connus<br /> 3 - L'intuition<br /> Ton article relève de la troisième voie et en est une bonne illustration. Une intuition, puis la mise en oeuvre d'un raisonnement, d'une méthode scientifique basée sur la preuve avec ses éléments fiables et ses limites. Ainsi n'a-t-on plus l'impression d'un "j'ai trouvé une ressemblance" (ou d'un jeu des sept différences), mais une leçon pédagogique de "comment partir d'une intuition en matière d'histoire de l'art ?"
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V
La question du vrai et du faux n’est pas directement ce qui est évoqué dans cet article. Savoir s’il s’agit d’un vrai ou d’un faux tableau de Blanchard n’a pas de sens puisque le seul document dont nous disposons ici est une modeste reproduction. Phi le B se trompe de sujet même s’il a raison sur la nécessité de la preuve dans une démarche scientifique (là, rien à dire).<br /> Mais en matière d’attribution il faut savoir nuancer cette notion de « preuve scientifique ». Quelle pourrait-elle être ?<br /> L’ analyse chimique des constituants matériels du tableau (toile, pigments ) ne suffirait même pas à prouver qu’il s’agit bien d’un Blanchard ; tout au plus serait-on en mesure de dire qu’il relèvent bien des habitudes d’utilisation par cet artiste. Ce qui n’empêcherait pas que nous puissions être en présence d’une œuvre d’atelier ; d’une œuvre d’un de ses élèves en somme. C’est volontairement que je pousse le bouchon, car à vrai dire, le seul avis circonstancié d’un expert ou d’un spécialiste suffirait. Mais je ne suis qu’un amateur. Alors je propose une attribution et j’évite de philosopher sur la question de l’attribution car ça n’aurait pas plus de sens que de parler de vrai ou de faux.<br /> Je résume donc l’article qui n’est peut-être pas clair. <br /> Nous avons un tableau anonyme relevant d’une école française du XVIIè (c’est ce que précise le rédacteur de la Gazette sur la base d’avis de spécialistes). Des points caractéristiques de ce tableau semblent relever pour moi de l’art de Jacques Blanchard. C’est une première intuition qui n’a certes rien de scientifique (bien au contraire !). Il faut admettre tout de même qu’elle doit se fonder sur un minimum de connaissance sinon pourquoi pas Picasso ou Tartempion ? En proposant ce nom, elle limite d’autant le champ de notre recherche. Il se trouve que dans un catalogue consacré à notre peintre et constitué par d’incontournables spécialistes, on trouve une gravure qui reproduit précisément une composition d’époque inventée par Blanchard. Cette gravure fait office de document historique et de preuve matérielle qu’il existe bien une relation entre le tableau de la Gazette et le peintre pressenti. Au moins concernant l’invention de la composition. Une bonne partie du chemin est donc parcourue. Répétons-le, j’ai bien conscience que je ne peux poursuivre plus avant, surtout en l’absence du tableau. Et quelles que soient mes conclusions, elles restent celles d’un amateur. Elles sont donc à prendre comme telles.<br /> Enfin quel est ici le sens d’une telle démarche qui prend autant la mesure de ses limites ? Que vient-elle faire ici puisqu’elle ne prouve rien ?<br /> Les articles qui précèdent ou suivent celui qui nous occupe s’attachent autant qu’ils le peuvent au sens d’images diverses mettant en avant des réflexions souvent laborieuses sur les constituants, les référents, la connotation, etc. Le tout peut sembler froid, intellectuel, insensible. Si j’en assume le caractère laborieux, j’accorde une part essentielle à l’intuition et à la sensibilité. Je ne veux donc pas m’en défaire. C’est le fait même d’essayer d’en parler qui échappe à l’évidence.<br /> Aussi, cet article me permet-il de souligner mon intérêt pour l’art ancien et pour la peinture française du XVIIème siècle en particulier en espérant capter l’attention de ceux qui y accordent le même intérêt.<br /> van-acker
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P
Allons ! Dépassons les apparences ! En dehors de toute preuve scientifique, tout ne revient-il pas aux vaines spéculations des philosophes concernant le Vrai et le Faux ? Il y a donc un choix à faire. Soit on est dans la preuve, soit on est dans la philosophie... soit on est dans la méthode, la démarche. Personnellement, j'aurai fait celui de dégager clairement l'intérêt de la démarche dans cet article. Mais je le redis, j'y connais rien dans les dessins...
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V
Phil est un esprit joueur.
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