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Quelques productions et réflexions d'un plasticien un peu collectionneur, un peu architecte...

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COLLECTION : Un "Portrait de Femme" par Charles Francisque RAUB.

     La tentation était grande dès son origine, d'ouvrir au sein de ce blog, une catégorie " RESTAURATION ", tant ce sujet m'attire. Au point que durant un temps, il m'a semblé naturel de m'y essayer.

J'ai donc " restauré " quelques tableaux anciens en vue de les rendre un peu plus présentables.

 

 

 Charles Francisque RAUB, Portrait de Femme, huile sur toile, 64 cm x 55 cm ,vers 1890. Etat avant restauration. 

 

Ce Portrait de Femme par Charles Francisque Raub - peintre né à Brest durant la seconde partie du XIXè siècle, élève de Bonnat - est l'un de ces tableaux.

Lorsque je l'ai acheté, la toile était désolidarisée de son châssis à plusieurs endroits, très fragilisée, rognée dans sa partie basse, percée en haut à gauche et griffée au niveau du front du modèle jusqu'à sa tempe. La couche picturale se détachait facilement sur tout le bas sans doute parce que le tableau avait séjourné debout sur un sol humide. Le vernis ancien laissait un voile terne sur toute la surface. Bref ! en plus de figer l'image d'une triste rombière (pardon madame), l'objet n'avait rien de bien aguichant.

Le support étant une de ces toiles fines que leur acidité rend cassantes, j'ai opté pour un rentoilage. La toile d'origine à donc été collée (marouflée) sur une nouvelle toile saine et solide de manière à pouvoir être retendue sur son châssis sans risque de déchirure. Après un léger nettoyage, les manques ont été comblés par un mastic sur lequel j'ai procédé au travail de retouche à la peinture à l'huile. Les opérations se sont terminées avec l'application d'un vernis de finition en aérosol.

 

 

Charles Francisque RAUB, Portrait de Femme, état après restauration. Localisation actuelle inconnue.

 

 

Je passe sur les difficultés techniques et les enseignements incomparables d'une telle entreprise pour en arriver enfin au problème qu'elle pose lorsqu'elle s'exerce hors du cadre professionnel.

On sait qu'aucune restauration n'est définitive. C'est pour cette raison que toute restauration se doit d'être mesurée et facilement réversible. En l'occurrence, un rentoilage complet n'était sans doute pas nécessaire : de simples pièces et bandes de tension pouvaient suffire. Mes colles, mastic, vernis, d'origine industrielle, n'offrent aucune garantie de stabilité dans le temps et ne peuvent être supprimés en cas de nécessité, qu'au prix d'un certain endommagement de l'oeuvre. En croyant bien faire, j'ai donc mal fait ; je l'ai appris un peu plus tard à force d'intérêt pour la question et d'échanges avec quelques professionnels.

 

Certes, Charles Francisque Raub n'est pas un des jalons essentiels de l'histoire de l'art français. Objectivement, ce tableau particulier n'a rien d'incontournable. Mais en découvrant récemment son Ismaël au Musée des Beaux-Arts de Chambéry, je me suis dit qu'il n'était pas non plus le petit peintre de portraits que je croyais. D'autres toiles du musée de Brest que j'aurai certainement l'occasion de voir un jour, confirmeront peut-être cette idée.

Quoi qu'il en soit, j'ai décidé finalement de ne pas poursuivre mes activités de  restaurateur en herbe et de ne pas ouvrir ici de catégorie " restauration " ; c'est bien plus raisonnable, je crois.

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S
<br /> <br /> je tombe par hasard sur votre blog et suis ravie de voir que vous avez compris à quel point la restauration d'oeuvres était une affaire de professionnels. j'ai tiqué à première vue en lisant<br /> déroulement des opérations et matériaux utilisés puis apprécié que vous ayez pris connaissance des principes de réversibilité et stabilité de toute restauration.<br /> <br /> <br /> au fait je suis restauratrice :)<br /> <br /> <br /> Cdlt,<br /> <br /> <br /> So'<br /> <br /> <br /> <br />
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V
Oui, oui, c'était très clair (à part en vert pomme!). Votre relation à Zinelli est très affective. C'est tout à votre honneur.<br /> D'un autre côté, parler d'un "artiste atteint de maladie mentale" pour moi, n'est pas réducteur. Surtout lorsque la maladie est libératrice comme le soulignait bernadette. Mais je ne peux pas oublier que certaines des oeuvres de Zinelli entrent aussi dans le cadre de l'ergothérapie (thérapie par l'activité manuelle) et que dans ce cadre, elles ont plus pour fonction de "régler" un dysfonctionnement de l'individu que de soulever des problématiques plastiques.
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F
Je suis tout à fait d'accord avec vous.  Je parlais uniquement de l'émotion que je ressens devant l'oeuvre de Zinelli . Je parle du témoignage qu'il me livre.  La souffrance d'un homme quel qui soit,  me touche,  je ne suis pas armée pour prendre suffisamment de recul. Voilà pourquoi ses dessins sont pour moi le témoignagne d'un homme qui  a sombré dans la folie, mais il n'en reste pas moins,  un homme . Et je ne veux pas le réduire à un artiste atteint de maladie mentale.....La  guerre s'est bien chargée de lui ôter sa dignité, je lui rends dans son art sa dignité d'homme. Carlo Zinélli était un homme et un artiste d'art brut.
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V
C'était effectivement difficilement lisible.<br /> Carlo Zinelli et sa biographie sont  certes attachants mais sa démarche n'est pas "volontariste". Ses espaces polyorientés, ses recouvrements proche du all-over, son recours à la simplification et presque à la standardisation des figures n'est pas le résultat d'une réflexion visant à s'opposer consciemment à une quelconque tradition de la peinture occidentale. Or, je crois que s'il est aujourd'hui incorporé à l'histoire de l'art (tout comme l'art Brut selon moi), c'est essentiellement pour les qualités plastiques de ses productions. Il entre (presque malgré lui) dans le cadre d'une "remise en cause" généralisées de certaines valeurs. Je ne suis pas certain qu'il soit considéré comme un artiste en raison de son discours sur les horreurs de la guerre. Mais qu'il ait été choqué, brutalisé par les heurts et les horreurs de la société de l'époque, oui. Que cette réalité vécue ait été à l'origine de déséquilibres productifs sur le plan plastique, oui. Je veux dire que savoir sa vie peut permettre de mieux expliquer son originalité plastique mais je ne suis pas certain que nous ayons pour autant les "clefs" pour lire le sens de ses oeuvres (je veux dire chacune en particulier). Elles sont très hermétiques et très hallucinées.Ce qui n'enlève rien  à leur qualité, ni à leur profonde humanité ni à la justesse de votre analyse.
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F
Excusez moi, Van-acker, de vous mettre un tel bazard sur votre blog mais le vert pomme n'était pas un choix très judicieux de ma part puisque le commentaire était complètement illisible,  si vous vous l'effacer ?
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